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LA SALE GUERRE, TÉMOIGNAGE D'UN ANCIEN OFFICIER

 
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MessagePosté le: Mer 23 Mar - 17:20 (2011)    Sujet du message: LA SALE GUERRE, TÉMOIGNAGE D'UN ANCIEN OFFICIER Répondre en citant

LA SALE GUERRE, TÉMOIGNAGE D'UN ANCIEN OFFICIER 
Mustapha Hadjarab, Algeria-Interface, 9 février 2001 Habib Souaïdia livre un témoignage de l'intérieur de l'armée algérienne sur le rôle des forces spéciales et des services secrets dans la terreur en Algérie.(lire)
Paris, 9/02/01 - Outre sa participation à plusieurs opérations dans le centre du pays, Habib Souaïdia donne l'essentiel des détails et des noms sur celles auxquelles il a participé à Lakhdaria (80 km à l'est d'Alger), où est localisé un des plus importants maquis islamistes au début des années 90. Il y restera près de dix-huit mois, presque toute sa courte carrière de militaire sur le terrain.
C'est donc là le coeur de son témoignage, qui met en cause les services secrets et les unités spéciales de l'armée. Le reste du récit, en effet, est une mise en perspective a posteriori de son appréhension du drame algérien, réalisée avec l'aide du journaliste Mohamed Sifaoui, qui n'a contresigné, précise l'auteur, que la version initiale du récit.
Il raconte comment, un soir de mars 1993, il est confronté directement à la "sale guerre": il est chargé, sur ordre de ses supérieurs, d'escorter avec ses hommes un groupe de commandos et d'hommes du Département recherche et sécurité (DRS, services spéciaux), en mission au douar Ez-Zaatria (près de Oued-el-Alleug, dans la plaine de la Mitidja). Dans le hameau, le commando massacre douze personnes soupçonnées de soutien aux islamistes. Le lendemain, la presse titre «une attaque terroriste sur le village d'Ez-Zaatria».
"Habtouh lel-oued !"
De tout ce que dénonce Souaïdia, et dont il veut certainement se laver le plus , il y a les méthodes utilisées pour combattre les terroristes, peut-être en raison d'une incapacité à accepter lui-même ce à quoi il a directement participé.

Tout commence par cet ordre qui ne permettait aucun doute sur le destin des prisonniers: "Habtouh lel-oued!" (littéralement, descendez le vers l'oued) que les militaires comprennent, explicitement, comme "exécutez-le". C'est au cours d'un débriefing qui suit une opération militaire, en 1993, que Souaïdia entend clairement l'ordre «d'exterminer tous ceux qui soutiennent les islamistes, pas seulement les terroristes!»
Il commence alors à se demander si l'on doit aller vers «l'extermination des trois millions d'électeurs du FIS de décembre 1991.» En attendant, il tue déjà, au cours d'opérations, des innocents, comme ces deux civils près de la forêt de Bouchaoui qui rentraient chez eux mais qui ont pris la fuite par peur.
Et il utilise les méthodes dictées par la hiérarchie: «A la suite d'un accrochage, nous ramenions les têtes des terroristes abattus, le reste des corps, on le laissait pour les charognards...» Mais, «quand il y avait plusieurs tangos (islamistes), on ne s'encombrait pas à prendre les têtes, on ne découpait que les oreilles.»
Brûlés vifs
Muté à Lakhdaria en mars 1993, il participe à sa première opération de grande envergure. «La confusion s'installe dans mon esprit : qui tuait vraiment ?» se disait-il, ou alors «l'armée aussi tuait à tort et à travers pour décrédibiliser les terroristes islamistes». Une lutte sans merci oppose alors l'armée aux islamistes, lesquels ont souvent l'initiative, si bien que, fin 1993, «on nous interdit d'emporter avec nous les lance-roquettes RPG 7 pour qu'elles ne tombent pas aux mains des terroristes.»

En janvier 1994, dans la maison coloniale occupée par sa garnison, il découvre pour la première fois que l'on torture un homme à l'électricité, et il donne les noms des tortionnaires, des officiers du DRS. En février, il constate que des agents du même service enlèvent et assassinent l'ancien maire FIS de Lakhdaria en se faisant passer pour des terroristes. Il sera ainsi témoin, affirme-t-il, en vingt-sept mois, d'une quinzaine d'assassinats.
Il affirme qu'un adolescent de quinze ans et son père sont brûlés vifs après une séance de torture, dans la caserne, sous les yeux de tous, parce qu'on les soupçonne de renseigner les islamistes: «Nous étions en pleine folie. En face de nous, des terroristes se faisaient passer pour des membres des forces de sécurité et chez nous, des militaires se déguisaient en islamistes pour mener des opérations terroristes qui leur seraient ensuite attribuées.»
Mais, l'armée perd aussi des hommes, et par dizaines, comme en cette fin d'année 1994 dans toute la région montagneuse à l'est de Lakhdaria. C'est, peut-être, pourquoi les militaires ne font pas dans le détail, comme durant l'été 1993, lorsqu'elle incendie des régions boisées à Lakhdaria et en Kabylie, parce qu'«il était impossible de voir quoi que ce soit par hélicoptère.», « Des arbres centenaires brûlaient. Ce désastre écologique n'a pas manqué de faire des morts parmi la population.»
Des civils bombardés
En mars 1995, lorsqu'elle «a déployé un impressionnant arsenal autour des maquis d'Aïn-Defla, à environ 120 km du sud-ouest d'Alger... pendant une semaine, la montagne a été bombardée par des avions de chasse, des hélicoptères MI 18 et des BM 21, plus connus sous le nom d'orgues de Staline... villages, hameaux et maisons isolés ont été frappés, faisant un millier de morts... dont des centaines de civils.» Et, «naturellement, la presse n'a pas dit un mot sur les pertes civiles, pour les journaux, toutes les victimes étaient des terroristes.» Même les bergers sont pris en tenaille: « ces gens-là renseignent les troupes terroristes sur les mouvements de l'armée», lui explique le colonel Hamana, tué par la suite au cours d'une opération.

La courte carrière militaire de l'auteur se termine pour lui par une condamnation pour vol à quatre ans de prison en 1995, mais dont il se dit innocent. Dès sa libération, il cherchera les moyens de fuir vers l'étranger, malgré la surveillance dont il fait l'objet. Il arrive à Paris et affirme au Monde, daté du 3 juin 2000, être prêt à témoigner. "La sale guerre", confirme sa détermination. Il y livre en effet des noms d'auteurs de tueries, de tortures et d'expéditions punitives sanglantes contre des civils.
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Habib Souaïdia
La Sale Guerre
Avec la collaboration de Mohamed Sifaoui,
postface de Ferdinando Imposimato.
Paris, La Découverte, 2001.

QUI EST HABIB SOUAIDA?
Habib Souaïdia, originaire de Tébéssa dans l'est algérien est né en 1969. Il rejoint en 1985, vers l'âge de seize ans, l'Ecole militaire des cadets de Koléa où il obtient son bac. Il a vingt ans, en 1989, quand il signe son contrat d'engagement à l'Académie interarmes de Cherchell pour une formation qui durera trois années. Il en sort officier, à vingt-trois ans, en juillet 1992, au sein d'une promotion qui porte le nom du président Mohamed Boudiaf, assassiné un mois auparavant. Il s'inscrit ensuite pour suivre un stage de parachutiste d'une année à l'Ecole d'application des troupes spéciales de Biskra, mais n'y restera que cinq mois. Muté à Alger, il commence, à vingt-quatre ans, à participer à diverses opérations de lutte contre le " terrorisme" jusqu'à son emprisonnement à la prison militaire de Blida durant quatre ans pour "vol". Il en sort en juin 1999 et quitte l'Algérie en avril 2000, pour se réfugier en France, où il obtient l'asile politique.

Mohamed Sifaoui
Journaliste algérien, réfugié en France depuis 1999.

Ferdinando Imposito
Célèbre juge antimafia en Italie jusqu'en 1986 et depuis avocat pénaliste, spécialisé dans les affaires de corruption et de violations des droits de l'homme. Partisan de la Cour pénale internationale.


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MessagePosté le: Mer 23 Mar - 17:20 (2011)    Sujet du message: Publicité

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